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Cicéron, orateur et homme politique romain

Il n’était pas né sénateur et s’est imposé par la seule force de ses discours. Consul en 63, Cicéron déjoue la conjuration de Catilina, connaît l’exil, se retire dans la philosophie, puis attaque Marc Antoine. Il le paiera de sa tête et de ses mains, exposées au Forum.

1Marcus Tullius Cicero, 106-43 avant notre ère, est un orateur, philosophe et homme d’État romain. Selon Plutarque, son surnom, cicer, le pois chiche, lui vient d’un ancêtre affligé d’une excroissance au bout du nez.

Né dans une famille aisée de chevaliers à Arpinum, ville du Latium, il reçoit une solide formation juridique comme philosophique et parachève cette dernière en se rendant en Grèce. Il devient un brillant avocat. Ses discours nous sont parvenus dans leur version retravaillée, destinée à la lecture.

Parallèlement, il commence une carrière politique comme homo novus, c’est-à-dire sans les privilèges liés à une naissance dans la classe des sénateurs. Il représente ainsi la montée en puissance de la classe moyenne aisée romaine. C’est par la force de sa pensée et de ses discours qu’il s’impose comme l’un des premiers intellectuels de la politique à Rome.

Son cursus honorum débute comme questeur en Sicile en 75 avant notre ère. Il est édile en 69, préteur en 66 et devient consul en 63. Lors de son consulat, il déjoue la conjuration de Catilina, en appelant à l’union nationale et en dénonçant les conjurés dans un fameux discours, Les Catilinaires. Le Sénat le proclame pater patriae, père de la patrie. Cependant, le fait qu’il ait procédé à l’exécution des conjurés sans jugement, ainsi que son ralliement au parti des optimates, lui valent l’hostilité des tribuns de la plèbe, notamment de Clodius Pulcher, qui fait adopter une loi l’envoyant en exil.

De retour en 57, son influence politique diminue peu à peu, et ce d’autant plus durant la guerre civile entre César et Pompée, de 49 à 45, dans laquelle il rejoint le parti sénatorial et Pompée.

Progressivement, il se consacre davantage à l’écriture d’ouvrages rhétoriques et philosophiques, dans lesquels le dialogue prend la forme d’une mise en scène didactique. Adepte d’un stoïcisme pratique, Cicéron met la philosophie grecque à la portée des Romains tout en proposant sa conception personnelle.

Longtemps opposé à César, il entretient toutefois avec lui une relation amicale. Après l’assassinat de César aux ides de mars 44 avant notre ère, c’est cette relation passée qui lui vaut d’échapper aux premières proscriptions. Dans ce contexte trouble, Cicéron s’en prend violemment à Marc Antoine dans une série de discours, véritables pamphlets, Les Philippiques. Son ennemi le proscrit, le fait poursuivre et exécuter le 7 décembre 43, près de Formies, non loin du port de Gaète où il allait s’embarquer.

La tête et les mains de Cicéron sont ensuite coupées, puis exhibées au Forum, sur la tribune des Rostres.

Ce que dit Cicéron à Catilina :

Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? Quam diu etiam furor iste tuus nos eludet ? Quem ad finem sese effrenata iactabit audacia ?

Jusqu’à quand abuseras-tu de notre patience, Catilina ? Combien de temps encore serons-nous le jouet de ta fureur ? Jusqu’où se déchaînera ton audace effrénée ?

Cicéron, Catilinaires, I, 1.

Elle semble avoir été celle d’un Romain courageux, si l’on en croit Plutarque :

Cicéron, entendant arriver le tribun, ordonna à ses serviteurs de déposer sa litière, et portant la main à son menton d’un geste qui lui était familier, il regarda fixement ses assassins. […] Il tendit le cou hors de la litière et se laissa égorger. Il était alors dans sa soixante-quatrième année. Ils lui tranchèrent la tête et les mains, sur l’ordre d’Antoine, ces mains avec lesquelles il avait écrit Les Philippiques.

Plutarque, Vie de Cicéron, 48, 4-6.

Jules César, Pompée, Marc Antoine, Octave, le futur Auguste, Spartacus. L’historien Salluste et le polygraphe Varron. Les poètes Lucrèce et Catulle.

  • Les Verrines, son premier succès populaire, contre Verrès.
  • Pro Milone, considéré comme l’un de ses meilleurs discours.
  • Les Catilinaires, modèle de son style ample et de l’usage du pathétique.
  • De oratore, ouvrage théorique codifiant l’art du discours.
  • De republica, traité qui définit son idée du gouvernement idéal.
  • Cato maior de senectute, ouvrage philosophique vantant la vieillesse.
  • Sa Correspondance, plus de huit cents lettres témoignant de sa vie familiale et politique.

  1. Contenu publié initialement sur l’ancienne version du site Odysseum en 2019. ↩︎

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