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Éros, du dieu des origines au dieu olympien

Force primordiale née avant les dieux chez Hésiode, enfant espiègle armé d’un arc chez les poètes tardifs, démon intermédiaire entre les hommes et les dieux chez Platon. Éros change de nature et rajeunit au fil des siècles, jusqu’à devenir le putto ailé de la Renaissance.

(ὁ) Ἔρως

1Éros est une divinité grecque complexe, caractérisée par sa dualité : puissance primordiale ou jeune dieu de l’amour, force fondamentale du cosmos ou dieu espiègle et cruel, figure vulgaire ou céleste, il occupe une place remarquable dans la pensée religieuse, dans la vie sociale et dans les arts grecs. Élaborée par les poètes, transmise par les sculpteurs et les peintres, cette figure continue d’inspirer philosophes, psychanalystes et artistes.

Éros, la divinité des cosmogonies

Dans la Théogonie d’Hésiode

Sans être mentionné comme divinité de l’amour, Éros apparaît pour la première fois chez le poète Hésiode, au 7e siècle avant notre ère. Il est l’une des entités primordiales qui préexistent à la formation de l’univers, avec Chaos, l’Abîme, et Gaia, la Terre. Il n’a aucun attribut anthropomorphique : il est une force mystérieuse qui semble pousser les êtres les uns vers les autres et les incite à procréer.

Selon cette tradition hésiodique, Gaia enfante ensuite Ouranos, le Ciel, capable de la couvrir tout entière. De leur union primordiale et incestueuse naissent les premiers dieux, les Cyclopes et d’autres êtres mythiques. Comme Ouranos empêche ses enfants de voir le jour et les enfouit au sein de Gaia, perpétuellement soumise à son désir démesuré, celle-ci encourage leur dernier fils, Cronos, à trancher le sexe de son père. Cronos jette l’organe mutilé, dont le sperme se répand dans l’écume marine et donne naissance à Aphrodite. À peine née, la déesse de l’attrait amoureux, de la beauté et des parures est accompagnée de ceux qui ne la quitteront plus : Éros et Himéros, Amour et Désir. Le rôle d’Éros évolue alors : il n’incarne plus la pulsion qui provoquait la fission d’un être en deux, mais il suscite l’union de deux êtres qui en engendrent un troisième.

Dans les théogonies orphiques

L’orphisme est une doctrine religieuse et philosophique associée à Orphée, sans doute apparue au 6e siècle avant notre ère. Elle prône le détachement à l’égard de la vie et incite à se purifier des souillures du corps. Dans la version la plus ancienne des Rhapsodies orphiques, Éros est à l’origine de la création. Il sort d’un œuf produit par la Nuit, dont toute chose provient. Après la Nuit apparaissent Ouranos, Cronos, Zeus et vraisemblablement Dionysos.

Dans Les Oiseaux, Aristophane présente de manière parodique une cosmogonie inspirée de ces textes orphiques. On y retrouve le thème de l’œuf cosmique et l’évocation du premier-né, protogonos en grec ancien, nommé Éros, Phanès, Métis ou Éricépaïos dans les poèmes orphiques.

Au commencement était Chaos, l’Abîme, et Nyx, la Nuit, et le noir Érèbe, la Ténèbre, et le vaste Tartare, mais ni la terre, ni l’air, ni le ciel n’existaient. Dans le sein infini d’Érèbe, tout d’abord, Nyx aux ailes noires produit un œuf sans germe, d’où, dans le cours des saisons, naquit Éros le désiré, au dos étincelant d’ailes d’or, Éros semblable aux rapides tourbillons du Vent. Jusqu’alors n’existait point la race des immortels, avant qu’Éros eût uni tous les éléments.

Aristophane, Les Oiseaux, vers 693-702.

Éros, fils d’Aphrodite

Une autre tradition attribue une généalogie différente à Aphrodite et à Éros. Dans le chant 5 de l’Iliade, la déesse est fille de Zeus et de Dioné. Dès lors, la naissance d’Éros est présentée comme postérieure. Plusieurs auteurs donnent Aphrodite pour mère au dieu de l’amour : Sappho, Ibycos, Simonide, Pindare, Apollonios de Rhodes ou encore Cicéron. Son père, en revanche, varie selon les versions : Ouranos, Arès, Hermès. Situé parmi les dieux olympiens, Éros est tantôt sous la domination de sa mère qu’il accompagne, tantôt autonome. Apollonios de Rhodes, qui enrichit cette relation dans les Argonautiques, met en scène des conflits entre eux : Éros y apparaît comme un espiègle garnement qu’il faut acheter pour qu’il se plie aux demandes maternelles.

Statuette de terre cuite : une femme drapée en mouvement de danse, accompagnée d'une petite figure ailée.
Aphrodite dansant, accompagnée d’Éros. Statuette de terre cuite, Grèce, peut-être Corinthe, début du 4e siècle avant notre ère. New York, Metropolitan Museum of Art, 06.1069.

L’aspect du dieu change également : la figure abstraite du dieu primordial évolue vers l’image du jeune dieu d’amour. Ce dernier rajeunit même, passant du statut d’éphèbe à celui d’un tout jeune enfant. Beau, resplendissant, jeune, petit, il est en réalité peu décrit. Il est surtout identifiable à ses attitudes et à ses attributs : Anacréon le montre comme un jeune garçon ailé, jouant à la balle et aux osselets ; Euripide introduit l’arc et les flèches avec lesquels il touche les cœurs. On trouve également un flambeau pour les embraser. À l’époque hellénistique, la figure du dieu se fige dans la poésie et, sur les vases peints, il n’est plus qu’un motif décoratif symbolisant une relation amoureuse.

Quoi qu’il en soit, il reste redoutable. Sa puissance est présentée comme universelle et irrésistible. De nombreux auteurs mettent en avant sa cruauté, parfois insouciante, parfois terrible. Il engendre la folie selon Sophocle. Euripide, quant à lui, insiste sur l’éros-nosos, la maladie, et les souffrances qu’il provoque.

Éros, une nature difficile à cerner

Le Banquet de Platon s’attache tout particulièrement à cerner la nature d’Éros. Six discours y sont prononcés en son honneur. Phèdre le présente d’abord comme le dieu le plus ancien et comme la plus grande source de bienfaits. Puis Pausanias met en avant deux Éros, comme il existerait deux déesses de l’amour : l’un populaire, qui ne s’intéresse qu’au corps et n’inspire que des actions basses ; l’autre céleste, tourné vers l’amour masculin et vers l’âme. Eryximaque étend cette dualité à l’ensemble de la nature, des arts et des sciences.

Aristophane raconte pour sa part qu’il existait à l’origine trois sortes d’hommes de forme ovoïde : l’homme double, la femme double et l’androgyne. Condamnés par Zeus pour avoir tenté d’escalader l’Olympe, ils sont coupés en deux. Depuis ce châtiment, ils cherchent désespérément à s’unir à leur autre moitié. Éros intervient alors comme la force qui permet à ces êtres de retrouver leur unité première et le bonheur. Pédérastie, amour entre femmes et hétérosexualité se trouvent ainsi expliqués.

Quand Agathon prend la parole, il présente Éros comme le plus jeune, le plus beau et le meilleur des dieux. Vient enfin le tour de Socrate, qui prétend tenir sa thèse de Diotime, une prêtresse de Mantinée. Éros y est un démon, δαίμων, autrement dit un intermédiaire entre les hommes et les dieux. Fils de Pénia, la Pauvreté, et de Poros, la Ressource, il tient de sa mère le manque du beau et du bon, et de son père les moyens d’y parvenir.

Éros permet ainsi une démarche initiatique : l’amour d’un beau corps donne accès à la beauté de tous les beaux corps, avant que l’on comprenne la supériorité de la beauté de l’âme sur celle du corps ; alors devient visible la beauté qui est dans la loi et dans les actions des hommes ; de ces actions on passe aux sciences, pour aboutir à une seule science, celle de la beauté absolue. Deux éléments essentiels ressortent donc de ce dialogue : la préférence accordée à l’amour éphébique et le rôle initiatique d’Éros.

Éros, un rôle initiatique

Dans plusieurs sociétés grecques antiques, Éros apparaît comme une force qui structure la vie collective. À Sparte, il est considéré comme un dieu archer, fils d’Arès, à qui l’on fait des sacrifices avant les batailles. En Crète comme à Thèbes, la tradition veut que l’amant, l’éraste, fournisse au jeune homme aimé, l’éromène, son équipement militaire. Dans l’Athènes du 5e siècle, Éros demeure une figure essentielle, associée à l’éducation aristocratique, au gymnase et à la palestre. Il y est précisément célébré, sans doute en raison des relations homophiles inhérentes aux activités gymniques. Dans ce cadre, l’homosexualité masculine apparaît comme un rite de passage de l’enfance à l’adolescence, lié à la formation des citoyens et des soldats. Dans Le Banquet, Platon fait ainsi référence au bataillon sacré de Thèbes, un corps d’élite qui aurait été composé d’érastes et d’éromènes et qui aurait remporté de belles victoires.

C’est ce rôle initiatique qui est à nouveau évoqué dans le conte d’Amour et de Psyché, inséré dans les Métamorphoses d’Apulée, au 2e siècle de notre ère. Psyché, une superbe mortelle dont Vénus jalouse la beauté, devient l’épouse d’Amour, mais elle ne doit jamais le regarder à la lumière. En dépit de cet ordre, influencée par ses sœurs et piquée par la curiosité, elle tente de le contempler la nuit venue. Une goutte d’huile brûlante le réveille : le dieu disparaît, blessé. Vénus impose alors à la jeune femme une série d’épreuves difficiles, avant qu’elle ne soit sauvée par Amour, qui l’emmène sur l’Olympe devant le roi des dieux et obtient pour elle l’immortalité.

On donne à ce récit un sens allégorique : il symboliserait les errances de l’âme humaine, psyché en grec ancien, en quête de la beauté idéale. Cela rappelle la vision de Socrate dans Le Banquet : Éros permet d’accéder au monde des idées, symbolisé ici par l’Olympe.

Éros, un pouvoir universel

Le pouvoir d’Éros est universel : il touche les hommes comme les dieux, les éléments et la nature même. L’ampleur de ce pouvoir tient sans doute à la nature première d’Éros, dieu primordial et force fondamentale du cosmos. Il est lié à sa beauté. Aristophane le nomme le désiré au dos étincelant d’ailes d’or, tandis qu’Hésiode le qualifie de plus beau parmi les immortels. Ce lien entre beauté et pouvoir souligne peut-être l’attrait irrésistible du désir.

Par la suite, la toute-puissance du jeune dieu de l’amour, compagnon d’Aphrodite, prolonge le pouvoir universel de l’Éros des cosmogonies. L’exemple le plus frappant est sans doute celui de Longus, dans son roman Daphnis et Chloé.

Sa puissance dépasse celle de Zeus. Il règne sur les éléments, il règne sur les astres, il règne sur les dieux ses semblables. […] Toutes les fleurs sont l’œuvre d’Éros, ces plantes-ci sont ses créations. C’est grâce à lui que les rivières coulent et que les vents soufflent.

Longus, Daphnis et Chloé, II, 7.

Le culte d’Éros en Grèce ancienne

Bien que, dans Le Banquet, Aristophane déplore qu’Éros ne fasse pas l’objet d’un culte important, divers témoignages montrent qu’il était vénéré dans l’espace public comme privé. Pausanias rapporte qu’il était adoré primitivement à Thespies, en Béotie, sous la forme d’une pierre brute. Ce culte renvoyait à la fécondité des humains comme des troupeaux. Selon le même auteur, le sculpteur Praxitèle y aurait dressé, ainsi qu’à Parion, une statue du dieu vers 370-360 avant notre ère.

Pausanias mentionne aussi, à Athènes, l’existence d’un autel en son honneur devant l’entrée de l’Académie, le lieu où Platon dispensait son enseignement. Lors des Panathénées, une course au flambeau honorait cet autel, de même que ceux de Prométhée et d’Héphaïstos, qui, selon le poète Ibycos, serait le père d’Éros. Éros était en outre représenté aux côtés d’Aphrodite sur la frise est du Parthénon : il était donc associé à la déesse jusque dans le culte. Enfin, il était célébré dans les gymnases comme dieu de l’amour éphébique.

D’Éros à Cupidon

Petite statuette de bronze : un enfant nu et ailé.
Cupidon en enfant ailé, forme sous laquelle les Romains le représentent le plus souvent. Bronze, 1er ou 2e siècle de notre ère. New York, Metropolitan Museum of Art, 19.192.54.

Dans la mythologie romaine, Cupidon, du latin cupido, désir ou passion, est le fils adultérin de Vénus et de Mars. Dieu de l’amour, il est assimilé à Éros. Ces deux figures ne sont toutefois pas superposables : Cupidon n’apparaît jamais comme divinité primordiale chez les Romains. Il est avant tout une personnification du désir amoureux.

Le plus souvent, il est représenté comme un enfant ailé, nu ou presque, fort espiègle.

Muni d’un carquois, de flèches, parfois d’une torche allumée, d’un casque ou d’une lance, il peut être couronné de roses, symboles du plaisir.

On le voit généralement avec sa mère Vénus, qu’il aide à accomplir ses projets ou ceux d’autres dieux. Jupiter, Apollon, Bacchus ou même Pluton sont soumis à ses traits irrésistibles. Il lui arrive, tout autant qu’à sa mère, de tomber amoureux, notamment de Psyché, dont il a une fille, Volupté. À l’exception de Diane et de Minerve, rien ni personne ne lui échappe. Didon, la reine de Carthage, est l’une de ses victimes les plus connues : prenant Cupidon pour Ascagne, le fils d’Énée, dont le dieu a pris l’apparence, elle est piquée par lui et tombe amoureuse du prince troyen.

Éros dans la littérature, entre lieux communs et renouvellements

Dans la littérature antique, Éros apparaît comme un jeune garçon qui n’est pas encore sorti de l’âge des jeux. Il est souvent associé à d’autres jeunes gens, que ce soit son frère Antéros ou Pothos, le désir nostalgique, et Himéros, le désir pressant, avec lesquels il forme une triade. Chez Pindare et d’autres poètes archaïques, il est entouré d’une multitude d’Amours, les Érotes, les Cupidines de Catulle, et apparaît sous les traits d’un aurige, d’un pugiliste, d’un forgeron ou d’un porteur de flammes. Il joue aux osselets chez Anacréon puis chez Apollonios de Rhodes : dans les Argonautiques, il l’emporte sur Ganymède. Aphrodite, elle-même effrayée du pouvoir de son enfant terrible, le prie de décocher une flèche sur Médée afin qu’elle tombe amoureuse de Jason. Cette image du dieu archer, présente depuis le 5e siècle, perdure jusqu’à nous.

Au Moyen Âge, c’est l’image d’un Amour adulte qui est privilégiée. À la Renaissance, le thème antique de l’enfant ailé refait surface, de même que celui de l’Amour aveugle. La paternité de Mars est remise en avant : Amour est perçu comme un principe d’union des contraires que sont Mars et Vénus. Pétrarque, dans le Canzoniere, le décrit comme un être ambivalent.

Par ailleurs, les humanistes tels que Marsile Ficin, commentateur de Platon, revisitent la dualité de l’Amour sacré et de l’Amour profane. Antéros, le frère d’Éros, qui incarnait la réciprocité de l’amour dans l’Antiquité, devient un Anti-Éros symbolisant la pureté par opposition à la sensualité d’Éros.

Enluminure : une figure nue et ailée tenant un arc et un carquois, entourée d'un serpent, d'une chauve-souris, d'un vase et de flammes.
Éros à l’arc, entouré d’un serpent et d’une chauve-souris. Frontispice d’un manuscrit parisien du 16e siècle. Paris, BnF, Département des manuscrits, Français 2848, f. 16v. Source : Gallica (BnF), via le portail Biblissima.

Toutefois, si l’influence des idées de Platon est grande, on ne reprend pas sa prédilection pour un Éros homosexuel, quelque peu négligée dans l’Occident chrétien, sauf peut-être chez Shakespeare dans le sonnet 144.

Au 18e siècle, Marivaux crée deux courtes comédies allégoriques qui mettent en avant la dualité d’Éros abordée par Platon : Dialogue de l’Amour et de la Vérité, en 1720, et La Réunion des Amours, en 1731.

Éros dans les arts

Éros est représenté à l’origine comme un être androgyne. Dès le 6e siècle, il prend l’image d’un jeune homme ailé sur les vases attiques à figures rouges. Plusieurs céramiques archaïques, autour de 500 avant notre ère, mettent en scène Éros associé à Pothos et Himéros, accompagnés d’une ou plusieurs Charites et de Peithô, la Persuasion, voire d’autres divinités.

Médaillon intérieur d'une coupe grecque à figures rouges : une figure ailée devant un pilier surmonté d'une tête barbue.
Éros ailé devant un hermès, pilier de pierre surmonté d’une tête d’Hermès. Coupe attique attribuée au peintre de Würzburg 487, milieu du 5e siècle avant notre ère. New York, Metropolitan Museum of Art, 57.12.21.

Par la suite, il est plus fréquemment associé à Aphrodite, notamment sur les vases nuptiaux. À partir du 4e siècle, il a pour attributs courants l’arc et le carquois. C’est notamment le cas de la sculpture dite L’Éros à l’arc, ou Éros bandant son arc, dont l’original en bronze serait de Lysippe. Souvent associé à la végétation, il joue également un rôle funéraire et on le trouve sur des tombeaux, tout comme Adonis.

À l’époque hellénistique se développe le motif d’Éros enfant, qui concurrence celui de l’Éros éphèbe. Dès ce moment, Éros perd sa signification religieuse et devient une figure ornementale.

L’Antiquité a légué de nombreux motifs mythologiques aux arts, mais aucun n’a été plus souvent convoqué que celui de l’Amour. Il peut prendre, dans la peinture galante, la forme d’enfants ailés qui voltigent autour des amants, ou, dans la peinture religieuse, le visage d’anges ou de chérubins. C’est à la Renaissance que se développe le personnage du putto, ce petit ange nu et ailé. Ainsi conserve-t-il sa double signification, mystique et sensuelle, que seul le caractère de la scène représentée permet de déterminer.

Peinture : une figure ailée triomphante entourée de personnages drapés à l'antique.
La Victoire d’Éros, huile sur toile d’un peintre travaillant dans le style d’Angelica Kauffmann, entre 1750 et 1775. New York, Metropolitan Museum of Art, 39.184.19.

Ἤτοι μὲν πρώτιστα Χάος γένετ ΄· αὐτὰρ ἔπειτα
Γαῖ ΄ εὐρύστερνος, πάντων ἕδος ἀσφαλὲς αἰεὶ
ἀθανάτων οἳ ἔχουσι κάρη νιφόεντος Ὀλύμπου,
Τάρταρά τ ΄ ἠερόεντα μυχῷ χθονὸς εὐρυοδείης,
ἠδ ΄ Ἔρος, ὃς κάλλιστος ἐν ἀθανάτοισι θεοῖσι,
λυσιμελής, πάντων τε θεῶν πάντων τ ΄ ἀνθρώπων
δάμναται ἐν στήθεσσι νόον καὶ ἐπίφρονα βουλήν.

Au commencement exista le Chaos, puis la Terre à la large poitrine, demeure toujours sûre de tous les Immortels qui habitent le faîte de l’Olympe neigeux ; ensuite le sombre Tartare, placé sous les abîmes de la Terre immense ; enfin l’Amour, le plus beau des dieux, l’Amour, qui amollit les âmes et, s’emparant du cœur de toutes les divinités et de tous les hommes, triomphe de leur sage volonté.

Hésiode, Théogonie, vers 116-122. Traduction d’Anne Bignan, dans Les Œuvres d’Hésiode, Paris, 1841.

On appelle aujourd’hui cupidon un enfant ou un jeune homme particulièrement beau. Ce nom a aussi été donné à un tétras d’Amérique du Nord, en raison de la beauté de ses parades amoureuses.

  1. Contenu publié initialement sur l’ancienne version du site Odysseum en 2021. ↩︎

Bibliographie & ressources

  • Apollonios de Rhodes, Argonautiques.
  • Apulée, Métamorphoses.
  • Aristophane, Les Oiseaux, vers 693-702.
  • Hésiode, Théogonie, vers 116-122. Traduction d’Anne Bignan, dans Les Œuvres d’Hésiode, Paris, 1841.
  • Homère, Iliade, chant 5.
  • Longus, Daphnis et Chloé, II, 7.
  • Pausanias, Description de la Grèce.
  • Platon, Le Banquet.
  • Calame C., L’Éros dans la Grèce antique, Paris, Belin, collection L’Antiquité au présent, 1996.
  • Rudhardt J., Le Rôle d’Éros et d’Aphrodite dans les cosmogonies grecques, préface de Jean-Pierre Vernant, Paris, PUF, 1986.

Ressources en ligne :

  • Psyché ranimée par le baiser de l’Amour, à la loupe, sur le site du musée du Louvre.

Proposé par

  • Odysseum

    Articles, dossiers et ressources pédagogiques sur les langues et cultures de l'Antiquité, publiés depuis 2019 pour les enseignantes, les enseignants et leurs élèves.

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