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L’horloge astronomique de Strasbourg décrite par N. Frischlin

Chaque jour, à 12h30 précises, l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg s’anime. Ses dizaines d’automates interprètent une chorégraphie de symboles qui laisse le public médusé. Mais ce mécanisme date du 19e siècle. Avant lui, il y en eut un autre, décrit en latin par un humaniste. Deux épisodes, pour lire ce texte avec celles et ceux qui l’ont traduit.

Gravure : une horloge monumentale à plusieurs étages, surmontée d'un coq sur une tourelle, avec un long texte imprimé en colonne sur la gauche.  https://numistral.bnf.fr/ark:/12148/btv1b102142248.r=Horloge%20astronomique%20Stimmer%2C?rk=21459;2#
L’horloge de Dasypodius, avec le texte latin en regard. D’après une gravure de Tobias Stimmer, dans une reproduction de 1934. Strasbourg, BNU, NIM24485. Source : Numistral (BNU).

Dans ce premier épisode, nous allons remonter le temps et nous intéresser à l’horloge qui précédait celle-ci, celle de Conrad Dasypodius, construite dans le contexte de l’adoption de la Réforme par la ville de Strasbourg.

Delphine Viellard raconte comment la brochure de présentation de l’horloge l’a conduite à une découverte : le texte latin, signé des seules initiales N. F., est de Nicodemus Frischlin, humaniste, satiriste et dramaturge. Et ce n’est pas un poème, c’est un centon, quatre-vingts vers prélevés dans une œuvre qui en compte mille huit cents. Nathan Dumolin replace la commande dans son contexte, celui d’une ville devenue protestante et soucieuse d’exposer son humanisme.

La brochure est trilingue : le latin de Frischlin, un texte allemand, et une adaptation française anonyme. Marie Müller, élève de première, a transcrit cette dernière. Il lui a fallu six heures pour venir à bout d’un français de la Renaissance où les s se lisent f, où les y deviennent i, et où l’horloge est encore un nom masculin.

Chez aucun auteur latin on ne trouve l’expression Templum Augustum.

Delphine Viellard

Second épisode. La classe, le mécanisme et l’horloger

Une soixantaine de collégiens ont traduit et commenté ce texte avec Sonia Cadi, jusqu’aux cinquièmes qui découvraient le latin. Nan-Maël Charrié-Benoist démonte ensuite le mécanisme : des poids suspendus à des cordes, un astrolabe en projection géocentrique choisi non par désaccord avec Copernic mais parce qu’il correspond à ce que voit un observateur terrestre, un calendrier dont les fêtes mobiles sont calculées pour cent ans, un globe céleste de quatre-vingt-trois centimètres. Guy Schmidt, horloger à Schirmeck, apporte le regard de l’atelier.

Maintenant, vous faites partie de la famille des latinistes.

Sonia Cadi

Invités :

  • Delphine Viellard, professeure agrégée de lettres classiques au lycée Henri Meck de Molsheim.
  • Sonia Cadi, professeure certifiée de lettres classiques au collège Henri Meck de Molsheim et au collège Bugatti de Molsheim.
  • Nathan Dumolin, étudiant en sciences historiques, Université de Strasbourg.
  • Guy Schmidt, horloger à Schirmeck.
  • Nan-Maël Charrié-Benoist, Camille Fischer, Ayçin Çakmak et Marie Müller, élèves de première générale au lycée Henri Meck de Molsheim.
  • Raphaël, Sarah, Lino et Mathis, élèves du collège Henri Meck et du collège Bugatti de Molsheim.

Animation, réalisation et publication : Émile Gayoso.

Responsable scientifique : Anca Dan.

Série réalisée avec le soutien de l’École universitaire de recherche Translitteræ.

Proposé par

  • Humanités dans le texte

    Des modules pédagogiques multimédia (textes, images, podcasts et vidéos) pour lire, traduire et interpréter les textes en langues anciennes, du collège au supérieur.

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